STUPEFLIP - The Hypnoflip Invasion

Après trop d'années d’absence, Stupeflip revient enfin sur le devant de la scène en nous offrant leur troisième album. Et qu'on se le dise, le C.R.O.U Stupeflip n'est pas mort. La preuve : personne ne peut les récupérer, ils ne rentrent pas dans le rang, et c'est entre rage et déconne qu'ils reviennent dans ce système dans le but de déranger pour mieux s'exprimer. Une révolution par la déconne en somme. Le groupe le plus déjanté de l'hexagone, nous raconte la suite de l'histoire du C.R.O.U qui remonte à la première ère du Stup créée en 1972 où dans un monde (pas si) imaginaire (que ça) on retrouve des laissés pour compte, des ratés, des laids, des monstres avec des textes toujours un peu plus percutants et violents.

Stupeflip revient donc avec “The Hypnoflip Invasion” , nous entrons dans la troisième ère du Stup. L'intro nous annonce que le Stupeflip C.R.O.U ne mourra jamais. King Ju, Cadillac et McSalo ne sont pas morts et sont de retour bien décidés à faire bouger nos petits neurones à coup de textes teintés d'humour noir et de paroles grinçantes. Le Stup est toujours énervé !

Jonglant merveilleusement entre le bon ridicule avec "Le Cœur Qui Cogne", "Ce Petit Blouson En Daim", l'amour brut avec "Gaëlle" ou "Gém Les Moches", l'enfance "Le Spleen des Petits", la religion "Sinobe Pibouin" ou encore le percutant "Stupeflip Vite" qui nous apporte une certaine réflexion de cette formidable époque sur un rythme acidifié...
Sur fond de mélanges musicaux indissociables hip-hop électro, rock-punk, disco-pop, tout ce que vous voulez, des samples angoissants et intrigants, l'univers de Stupeflip bien particulier fait dans l'art musical le plus complet qu'il soit. Un album irréprochable, un enchaînement de 22 pistes ultra réussi, entrecoupé d'enregistrements sonores comme des anecdotes sur l'histoire du C.R.O.U ou des dialogues entre membres... de quoi rester hypnotisé par cet art mental.

Frisant la perfection, "The Hypnoflip Invasion" va à coup sûr, devenir le phare de toute une génération. Un peu à la façon d'un empereur Tomato Ketchup, qui, vingt-cinq ans plus tôt nous appelait à la révolte. Stupeflip c'est un peu ça, ils nous offrent le moyen d'une révolte intérieure pour mieux sortir de cette bonne société de consommation pleine de moutons !






Samedi 14 mai 2011, Stupeflip pose ses valises en Bretagne dans le cadre du festival ROCK'N'SOLEX à Rennes. Je suis encore hypnotisé par l'album, et rien de mieux que de finir en beauté par un petit concert et conclure l'expérience de la meilleure des façons. Évidemment un concert en festival n'a pas la même intensité qu'un concert en salle, mais qu'importe, je me réjouis de les retrouver pour la première fois depuis cinq ans.
L'heure approche, le public jusqu'à présent assez calme commence à bouillonner. Ça avale bières et alcools en tout genre, ça pousse, ça braille, ça scande. Des fans masqués brandissent des scies. Les lumières s'éteignent et l'intro crache enfin dans les enceintes géantes. Ça commence ! Stupeflip fait une entrée très apocalyptique, mystique. Les moines spiritueux du C.R.O.U prennent place sur scène. C'est flippant mais c'est jouissif à la fois. Bon sang, des moines rappeurs, le contraste est stupéfiant...


Le concert se déroule d'un trait, dans des chorégraphies sordides et déjantées, très bien soignées accompagnées d'un défilé de personnages masqués, imposant respect et admiration. La grande majorité du public reprend en chœur autant les morceaux du nouvel album que les plus anciens et plus connus. "Gaëlle" - "Stupeflip" - "Les Monstres" - "Lettre à Mylène" - "Stupeflip vite" et j'en passe. Je n'en dirai pas plus pour garder une part de suspense (et parce que je n'ai plus la set-list en tête), mais les hymnes terrifiants et les slogans ravageurs qui font la force du groupe se succèdent dans un nuage de poussières, soulevés par une foule en délire. L'osmose est présente, nous sommes tous envoûtés par cette tribu de dingues, et heureux d'être insultés par ce *bip* de Pop-Hip.

La fin est proche, le dernier rappel vite expédié mais pas moins plein de furie : "A bas la hiérarchie" explose avec violence et passion dans la face d'un public déchainé. Fin de la chanson. Sans un mot Stupeflip s'efface. Et puis, les lumières s'allument. Mais qu'importe, ce soir les lumières venaient surtout de la scène et de la performance extraordinaire d'un groupe qu'on est heureux de retrouver dans notre quotidien musical.

site officiel
Stupeflip chez Ephélide

Pablito

6 commentaires:

  1. Bel article, qui me donnerait presque envie d'écouter le groupe! (mais j'insiste sur le presque!). ;)

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  2. Ben moi j'ai envie d'écouter, quitte à zapper vite d'un morceau à l'autre si j'aime pas du tout mais au moins d'avoir la curiosité de jeter une oreille. Parce que musicalement, je n'ai pas aimé Stupéflip vite (mais faites-moi lire le texte !) mais là j'écoute Gaëlle et c'est très différent. Donc l'éclectisme dont tu parles dans l'album mène à s'y pencher davantage, même si c'est pour n'aimer que quelques chansons sur la totalité. Puis faut pas dire non sans avoir essayé.

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  3. [Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
    Bien heureux serez vous si les hommes vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
    et tressaillez d'allégresse
    car votre récompense
    sera grande dans le ciel]

    Moi j'suis Raskar Kapac et j't'attaque avec mon mic
    La vie une chose trap (?)
    pas d'quartier
    quand les lyrics frappent
    Mon sourire te glace
    comme un clic-clac qui grince
    le v'la qui r'viens MINCE
    Tous les mardis pour te serrer la pince

    Donne moi l'courrage
    d'aller bouffer tous les nuages
    écoute mon coeur
    écoute la rage
    écoute ce texte anthropophage
    écoute ce mec qui vote réac'
    écoute cette mère seule qui craque
    écoute le cri des animaux
    quand on les enfoui dans un sac

    On reviens fiers,
    tapis dans l'ombre pendant des millénaires
    ces poumons t'éclairent (?)
    comme EDF au nucléaire
    Alors ferme ta gueule
    Les argeniums marchent seuls
    Pas d'meuf pas d'taff pas d'bouff
    C'est bien casse-gueule
    J'me calmerai jamais
    j'en ai trop gros sur la patate
    J'coupe les pattes des potes (?)
    Encore donner des coups d'savate
    Et c'est l'hypocrisie totale
    Peu d'espoir que ça déraille
    Et c'est l'apathie générale
    Peu d'espoir que les gens changent mais

    Ref :
    [Stupeflip vite X2
    Stupé-stupeflip vite
    Stupeflip vite X2
    Le truc est vivant dans les têtes mêmes s'il est cramé dans les fnacs
    (Tu la séquestré, bâillonné ligoté) ]X2 Ouwiii

    Cadillac en peer to peer
    reviens te chier dans l'crane
    faire un p'tit tas
    c'est au p'tiot que j'cause
    qui est en toi à qui j'cause
    dans ton for interieur
    y a un enfant qui pleure

    Toi tu t'sens plus, lui y se sent mal
    Tu l'a séquestré baillonné ligoté
    Tu r'connais le p'tit gars qu'est en toi
    Le p'tiot la p'tiote
    qui chiale dans l'fond c'est toi
    Tu préfère te cacher
    faire le steak haché
    sous vide
    t'as du mal à respirer

    C'est toi là-haut ?
    dans la cour des grands
    tu fais semblant
    le Coq, le fanfaron, la *****(?)
    Qui tourne en rond

    Tu crois gérer
    mais t'es mal digéré
    il est où le p'tiot qu't'était ?
    Il est mort le p'tiot qu't'était ?

    Ref X2

    Je ne casse pas
    je n'me marre pas
    je n'espère pas
    J'observe les autres
    qui partent en couille
    ou en chipolata

    Viens pas m'juger
    j'fait c'que j'peux
    avec c'que j'ai grand
    C'est pas l'carnaval des enfoirés
    ni Augustin Legrand

    4 par 4
    j'découpe mes rêves
    avec un cimetière (?)
    noie les p'tits chats
    tous les espoirs avec un lance-pierre

    -?- J'ai pas fait
    tout les trucs que j'aurais dû faire
    j'ai fait mes 60 prières
    par terre dans la poudrière

    Foule sentimentale je t'ai souvent cherché
    mais où es-tu
    où sont les utopies
    où sont les éveillés ?

    Où sont les belles dames
    les belles âmes
    Où sont les cérébrés ?
    ras-le-bol d'être tout seul
    Je suis fatigué d'expliquer

    Utopistes debout !
    J'ai des lyrics en stock
    et si plus personne
    comprend
    je m'exile à Pétaouchnok

    Alors laisse moi triper
    -?-
    J'suis pas cet esclave qu'attends l'week-end
    pour s'enfuire

    Ref X2

    [instru]
    Tu l'a séquestré bailloné ligoté X2
    Baillonné ligoté (echo)

    En ces temps de grace 2999
    le krou n'était plus
    les humains avaient eu raison de lui
    voila pourquoi ce que tu écoutera sur ce disque est antérieur à 2999
    Oui le krou était mort
    Mais la menuiserie, cette entité démoniaque créatrice de *?* Etait toujours en activité, toujours plus terrifiante.

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  4. Il ne faut pas forcément que écouter, parce qu'au delà des chants un peu sauvage qui peuvent faire peur certaines personnes et du style musical qu'on aime pas forcément, il faut aussi je pense profiter de les voir une fois sur scène. Parce que visuellement c'est quelque chose. J'en ai connu des chanteurs à la voix pourris, aux paroles un peu identique que stupeflip, mais sur scène c'était limite de la merde. Stupeflip il y a une profonde imagination sur scène... après c'est compréhensible qu'on aime pas...

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  5. Merci pour le texte :) Y a des passages que j'aime bien, d'autres où le vocabulaire est plus "cash" et où ça me parle moins mais le fond reste pas mal vrai.

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