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samedi 17 mars 2012

postheadericon Les VRP

Il ne faudrait pas plus de trois albums aux VRP pour devenir un groupe phénoménal. Mondialement connu ? Ben non, mais assurément un phare dans la nuit pour des centaines de groupes français. A l’instar des Bérurier Noir ou de la Mano Negra par exemple, ces groupes qui étaient des brasseurs d'envies et des modèles à l'époque pour toute une génération. Un premier disque à la pochette sombre "Remords et tristes pets" déboule en 1989, le groupe poursuit sa lancée musicale humoristique avec "Retire les nains de tes poches" en 1990, avant de s'offrir des "Vacances prolongées" en 1992. Une parenthèse de quatre ans pour ce groupe de joyeux lurons au maquillage trop gras, et aux habits trop courts, une prouesse artistique en trois albums, et une courte histoire d'amour qui dure toujours pour leurs indécrottables fans, qui se consolent avec les nonnes Troppo (le groupe original d'avant et d'après les VRP) ou encore Néry en solo.

Dans "Remords et tristes pets", la très réussite reprise "Alexandrie, Alexandra" sera le déclencheur d'un succès prévisible mais ne cachera pas le reste de l'album qui regorge de petites pépites. On y retrouve un des plus connus morceaux des nonnes Troppo "Le roi de la route", des chansons coquines comme "Le nain" ou "Les livres de fesse". Ce théâtre de rue, transporté sur disque, nourrit ses rythmes à coups de guitares sèches, de contre-basse d'infortune montée d'une poubelle et d'un manche à balai, et d'instruments additionnels comme un xylophone, un harmonica et tout ce qu'ils peuvent trouver qui fasse du son... Pour un résultat de trente minutes de vibrations sur des notes et des accords qui résonnent dans le crâne, des textes qui s'écoulent comme de l'eau dans une rivière et le tout devient affreusement délicieux. La lourdeur des textes n'est qu'une façade, c'est une poésie barbare, brute, celle des comptoirs, celle de tous les jours. Ensuite dans cet album on peut s’apercevoir que le groupe possède un réel talent de composition et d'originalité, en comparant par exemple "Mardi gras" avec "V.R.P" ou avec "Le Viet", trois styles totalement différents pour le même résultat loufoque.

Il n'y a pas longtemps King Ju de Stupeflip disait dans une interview qu'un artiste devait être révolté, remettre en cause les formats tout faits, et cette phrase prend tout son sens lorsqu'on écoute le deuxième album "Retire les nains de tes poches". Remettre en cause les formats tout faits, s'améliorer, s'élever vers d'autres sons, oser c'est être rafraichissant. Et à la première écoute, on peut entendre un léger changement, une assurance qui a grandi, un talent amélioré, et des nouveaux instruments utilisés avec générosité (Bombarde bretonne, boite à riz, sifflets, accordéon d'enfant russe...). "Ramon Perez" le morceau festif sans intermittence n'ajoutera aucune inquiétude quant à la qualité de l'album. Ensuite le groupe oscille entre chansons à écouter attentivement "La misère des voix vulgaires", "Macrame les doigts", et une voie vers l'humour et la dérision comme fil conducteur "affolement de naines", "Les nénés des nanas des nains", "La grande traversée" un humour omniprésent qu'on pourra s'amuser à retrouver de nos jours chez des groupes qui ont pris le relais, par exemple "Affolement de naines" / "Élastique" d'Oldelaf et Monsieur D., rapprochement facile mais évident, on peut penser alors à un bel hommage. Dans ce disque on y retrouve François Hadji-Lazaro, chanteur et multi-instrumentaliste des Garçons Bouchers à l'époque, invité de luxe sur le morceau "Tabernacle" qui, comme "ta sœur", prouve qu'on pouvait faire de la variété version punk avec des instruments en bois. Allez comprendre... Variété ? Punk ? Rock ? déjanté et inclassable, oui.

Oui déjanté, pour preuve avec le prolifique "Vacances prolongées" qui; selon les dire de Saint-Pablito, fait partie du panthéon des plus beaux disques conçus sur la planète musique. Nous sommes en 1992, pendant que le budget militaire Américain passe de 281 milliards de dollars à 275 milliards, la popularité grandit concernant les VRP. Le groupe qui oscille entre intelligence et délire (les deux pouvant être parfaitement compatibles) décide d'en finir avec un dernier album, pour ne pas s'institutionnaliser et se perdre dans les méandres du confort d'une carrière assurée. On est fou jusqu'à la mort. Dans les soirées, il y avait toujours une guitare au milieu des bouteilles de bières, on y criait les hurlements de "Léo" qui, vingt ans après, nous colle toujours autant la chair de poule, un peu comme l'ensemble de l'album. Emporté par le tourbillon de l'accordéon de "Bartek", Hypnotisé par "Partir", et pris d'un puissant rentre-dedans de morceaux drôlement bien écrits comme : "Mémère", "Ma vache a grossi", "Aujourd'hui c'est dimanche", "La grosse Papille". Pas besoin de plus d'éloges pour expliquer que cet excellent album est conçu et sonne comme une pièce de théâtre givrée où les mélodies s'emballent, se renversent, s'enchaînent et où les récits remplissent les espaces vides entre nos neurones. Le dernier mot de la dernière seconde de la dernière chanson est juste monstrueux, un cri final à la classe du groupe, qui arrête net l'histoire de cette aventure en trois albums.



Le genre d'aventure musicale qu'il faut vivre, et qu'il faut perpétuer, ce que je fais à travers cet article. Parce que Les VRP finalement c'est un peu une philosophie de vie véritablement sincère. Ils ont su cultiver un savant mélange d'auto-dérision, d'art visuel, de folie et de bon sens à travers leur musique. Et c'est pour ça que ces trois opus sont des disques qu'on gagne à découvrir, à réécouter ou à ne pas oublier, mais surtout à conserver bien au chaud dans sa discographie.

Pablito




Écouter les albums sur Deezer
Les VRP sur myspace
Le site de Néry
Les nonnes troppo

5 commentaire(s):

isa a dit…

J'adore vraiment Léo <3 pour laquelle j'ai eu un vrai coup de coeur dès la première écoute. Je suis moins sensible au côté déjanté. Mon commentaire après avoir écouté (il y a un moment déjà) : "beaucoup de déjanté, quelques joyaux". Faudra donc que j'y rejette une oreille, pour les joyaux :)

Néry a dit…

Merci pour cette jolie dissection de l’œuvre des VRP ... c'est amusant avec un peu de recul de se regarder faire et c'est vrai aussi que dans notre soif de toujours se renouveler nous nous retrouvons aujourd'hui à faire des choses bien différentes de cette époque qui fut une belle époque ...
En ce qui me concerne vous pouvez voir ce que je fais actuellement ici :
www.facebook.com/nerycatineau
www.facebook.com/nery.en.scene

A bientôt

Néry (ex VRP et Nonnes Troppo)

Anonyme a dit…

Quels instruments utilisent les chanteurs , musiciens ? svp C'est Urgent !



Merci Beaucoup si réponses données ! :D

Anonyme a dit…

Dans la chanson mardi gras svp pur le instrument s

Anne-Sophie a dit…

Il m'a fallu toute une journée pour connecter mes deux neurones et me rappeler comment je connaissais Léo... et j'ai eu ma révélation : les Castafiores l'ont reprise!
En tout cas ça me donne envie de découvrir !

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"Mais une fois dans mes bras
Vos murmures essoufflés
C'est à moi, rien qu'à moi
Qu'ils étaient destinés."

Bénabar - Je suis de celles

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