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dimanche 6 janvier 2013

postheadericon Hubert-Félix THIEFAINE - Autorisation de délirer



Voilà un album d'Hubert-Félix Thiéfaine qui me marque profondément depuis bien longtemps.
Autorisation de délirer, sorti en 1979, est le second album du chanteur avec son groupe Machin. Deuxième opus du triptyque folk avec "Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir" (sorti en 1978) et "De l'amour, de l'art ou du cochon" (1980). 
En qualité de simple fan d'HFT, si je ne devais choisir qu’un album parmi sa longue discographie, il n’y pas l’ombre d’un doute que ce serait celui-ci. Un album dément, très puissant musicalement, et au niveau des paroles… que dire… bon sang, existe t-il un mot plus fort que « excellentissime » ? Mon exagération est à son apogée mais Autorisation de délirer est un album fantastique, psychédélique, perturbant et percutant. A connaître absolument ou du moins à écouter dans son intégralité une fois dans sa vie. Et depuis belle lurette, j’essaye de trouver un album équivalent à celui-là mais je ne trouve rien d’aussi puissant, même si les deux autres albums du triptyque valent aussi leur pesant de cacahuètes, que Suppléments de mensonge est un chef-d’œuvre, et que Soleil cherche futur a très souvent tourné sur ma platine.



Voici, à mon sens, un album culte, même s'il a une saveur que je n’arrive pas vraiment à décrire, à moins de pouvoir retourner vivre dans la fin des années 70. Dans ce cas, on pourrait expliquer logiquement l’étrange atmosphère psychédélique qui plane autour et dans cet album. Néanmoins on peut facilement se faire emporter dans l’étrange univers du chanteur et cela sans prendre de drogue. En tout cas, je pourrais me le permettre derrière mon pseudo de trafiquant colombien, mais je préfère m'abstenir de penser que le chanteur aurait consommer des substances illicites pendant la réalisation de cet album. N’empêche qu'après écoute de celui-ci on se pose (avec sourire et stupéfaction) logiquement des doutes…

" Tu as la splendeur d’un enterrement de première classe. 
Et moi je suis timide comme un enfant mort-né."

Autorisation De Délirer s’ouvre sur un classique : La Vierge Au Dodge 51. Un morceau très acoustique à la conclusion très rock, un accent sorti tout droit du son Jura natal, le ton de l’album est donné : attention délire ! Mais l'autorisation que s'offre et nous offre Thiéfaine, n'est pas ici de s'amuser, mais d'un bon délire mental... « Ce matin le marchand d’coco n’est pas passé.. » Ah bon ? c’est bizarre, on pourrait croire le contraire… surtout quand on entend les tribulations d’un amant maudit faisant l’amour dans une baignoire remplie de choucroute garnie. S'en suit Court-métrage. La chanson est une ballade assez molle comme…dans un film américain ! « je lui dis i love you, elle m’a répondu : mais moi j’t'emmerde…tout comme dans un film français ». La nonchalance par excellence… on adorerait être déprimé pour la peine !

La Môme Kaléidoscope, aux paroles tout simplement énormes et à la musique entraînante : une prostituée à la retraite dans son appart parisien raconte sa vie sur fond de piano bar teinté de tango. « …et je carburais du siphon, à détraquer tous les gravos qui v’naient s’faire graisser leur oignon avant d’replonger au boulot…». Thiéfaine, dès le début de sa carrière, prouve qu'il est déjà un poète et qu'il fait ce qu'il veut des mots.
L’homme politique, le rollmops et la cuve à mazout nous offre six minutes grandioses et dépressives, mais tellement enthousiastes, grâce à une ballade rock mélancolique aux paroles qui rendraient jaloux tous les poètes du siècle dernier qui adoraient se shooter à l’absinthe. Enfin ma petite préférée : Variations autour du complexe d’icare est d’une pure folie et raconte l’histoire d’un garçon qui a oublié son cerveau au fond de son cartage dans l’auto et pleure sa mère. « maman regarde je vole… je vole… » et sur la mélodie des orgues, moi aussi, je vole... Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs) à la touche électro-disco-spatiale est complètement déjantée et démente. La Queue, est une belle chanson aux paroles profondes. « alors je rêve d’être un tombeau avec des lumières tamisées où je pourrais compter mes os en attendant l’éternité..»
Dernière station avant l’autoroute pourrait, elle aussi, être une nouvelle preuve que cet album n’a pas était réalisé à jeun… Quoiqu’il en soit, la chanson dure 40 secondes, certes c’est court, mais bon dieu qu’est-ce qu’on aimerait se balader sous son ciel couleur de pomme...
Rock Autopsie « Quelque part sur la sixty-one, Abraham s’est flingué en voyant Dieu sur sa guitare complètement défoncé, mais le guignol au tambourin doublé des mômes 12 et 35 n’arrive même plus à jouer : Baby ça vient, ne change pas de joint, Satan va plus chez Mick Jagger voir ses admiratrices bouffer la bidoche de leur mère dans des tubes en plastique ». Quoi d'autre à ajouter ? Parfois les textes d'une chanson suffisent à elles-mêmes comme description. Tout comme Autorisation de délirer qui est parfaite pour nous préparer au dernier morceau de l'album, l'un des chefs-d’œuvre de Thiéfaine : Alligators 427. Un décollage de sept minutes pour finir par en hymne nucléaire. Désormais vivre est un calembour, la mort est devenue un état permanent, le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours, et Hubert-Félix Thiéfaine achève son délire par un dernier souffle apocalyptique.

Alors, lorsqu'on écoute aujourd'hui cet album d'une oreille légère, en façade, on entend un gros délire plaisant qu'on ne pouvait faire que dans les années 70-80, mais avec une oreille plus approfondie, le côté morbide de Thiéfaine fait surface. C'est là que tout le contraste de l'artiste surgit et vient nous éblouir. C'est peut-être effrayant mais il n'y a que lui qui peut nous faire lâcher un sourire en scandant "Vive la mort".  

Pablito



Le site d'Hubert-Félix Thiefaine
écouter l'album sur Deezer

à lire également sur le blog :
Chronique de Suppléments de mensonge

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Paroles paroles

"Mais une fois dans mes bras
Vos murmures essoufflés
C'est à moi, rien qu'à moi
Qu'ils étaient destinés."

Bénabar - Je suis de celles

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