Interview Dionysos (1)
Le temps passe vite ! Il y a déjà un petit moment que le festival Terre du Son s'est terminé et tant de choses se sont passées depuis ! C'est le moment pour nous de revenir sur le passage de Dionysos qui a enflammé la plaine... Restez connectés, ça va Bird'n Roller !
Nous étions plusieurs médias présents à la conférence de presse, en voici le compte-rendu !
B&C : Par rapport au
Bird n’ roll, comment est venue l’idée de la chorégraphie ? Est-ce que
cela vient de quelqu’un du groupe qui a mis en place cette chorégraphie ?
Comment cela s’est-il passé ?
Mathias Malzieu : Bah
écoute, il y a un moment où l’on a trouvé
l’inspiration sous la douche et puis on s’est fait installer une douche dans
notre studio où on pouvait tous se changer ensemble et puis un jour où le jet
d’eau était particulièrement puissant et dans la tonalité d’un la mineur, on
s’est tous mis à danser comme ça. On s’est dit « Bon ça, ça va être la
danse de l’album, ça va être le bird’n roll ». On s’est séchés et la décision était prise. (rires)
B&C : Quand tu trouves
une idée, un thème ou un personnage pour une chanson, comment tu choisis si elle
sera en anglais ou en français ?
Mathias Malzieu : En
principe, on essaie toujours en arabe ou en allemand d’abord et puis ça marche
pas alors on se rabat sur le français ou l’anglais. (rires). C’est une histoire
de couleur. C’est comme si tu me disais comment tu choisis comment tu vas
t’habiller aujourd’hui. Ca dépend de la chaleur, ça dépend de la couleur. C’est
une matière en fait. C’est comme prendre un ukulélé au lieu d’une guitare
électrique. Ce sont des choix qui vont avec la chanson. Il n’y a pas de règles,
je ne me dis pas « cette chanson, il me la faut en français. » C’est
au moment où ça se compose, l’envie, et c’est instinctif.
B&C : Au niveau des
paroles, est-ce que le reste du groupe vient aussi ajouter sa petite touche ou
est-ce que tu écris tout seul ? Est-ce que quelqu’un d’autre du groupe
aurait envie de se lancer aussi dans l’écriture de chanson ?
Rico : C’est Mathias qui
fait l’univers des textes, on aime son univers aussi. Puis après, chacun est
vraiment à sa place. Mike fait ses bidouilles à la guitare. On se connait aussi
depuis des années et on aime aussi un peu ce que fait l’autre. On discute entre
nous mais souvent Mathias a ses textes et voilà. Nous on n’aurait pas la
prétention de faire des textes mais c’est bien.
B&C : Et toi, Babet, qui
écris aussi pour ton album solo est-ce que tu aurais envie d’écrire pour le
groupe ?
Babet : Je l’ai fait une
fois, ça a fait une chanson très particulière. Et en fait je pense que c’est
pour ça qu’on fonctionne comme ça. Pour avoir une cohésion et une unité sur le
disque, ce serait compliqué si on était plusieurs à écrire. Mathias, il a
vraiment une patte très particulière et du coup je pense que pour faire un
album cohérent ce ne serait pas bien qu’on commence tous à écrire des chansons.
Parlons zen : Maintenant tu
as pris l’habitude de faire des albums avec un univers à chaque fois très
précis, est-ce tu pourrais faire un album sans qu’il y ait forcément …
Mathias : de chansons ?
(rires)
Parlons zen : … de ligne
directrice vraiment précise, plus libre ?
Mathias : C’est marrant les
clichés parce que justement c’est plus libre de connecter les choses. Ca crée
de la surprise, ça crée de la nouveauté, alors que ce qui est moins libre et
plus classique, c’est de faire un album sans ligne directrice. Ca, c’est pas la
liberté. Mais ça pourrait nous arriver de ne pas faire un album connecté à un
livre ou une idée ou une danse ou un fil rouge ou je ne sais quoi. Mais le
rapport à la liberté, il n’est pas là. Le rapport à la liberté, pour nous, il est
dans le moment où on se surprend. Par exemple, dans le livre il n’y avait pas
l’idée de la danse mais elle vient directement du fait qu’on ait commencé à
connecter avec cette idée de personnage homme-oiseau et l’idée de la danse est
venue entre le processus de création du groupe et prendre des choses du livre.
Et c’est toujours dans ces moments-là qu’il se passe quelque chose de spécial.
Il ne faut surtout pas que ça devienne systématique et c’est pour ça qu’on n’a
pas refait comme la mécanique du cœur non plus. Là, ça ne deviendrait pas libre
si on se disait « Bon, la mécanique du cœur ça a bien fonctionné, on fait
de nouveau le livre avec le même titre, la chronologie, tous les
personnages ». Ca pourrait devenir enfermant. Mais se dire que d’être
libre c’est de faire un truc qui n’est pas connecté à quoi que ce soit, si ça
se trouve à un moment donné, pourquoi pas?, mais
je ne veux pas me dire qu’il faut se connecter systématiquement au
livre.
Parlons zen : Concernant le film, la bande son sera-t-elle
100% Dionysos ?
Mathias : ah oui, on rêve de
faire de la bande originale depuis longtemps, maintenant qu’on a l’occasion, on
en profite ! Il y a l’album et puis Mike qui va travailler au son et puis
il y a environ 20-30% de scores qui ont été tirés de la tournée acoustique.
C’est un régal ! Pour moi mettre la musique du groupe à l’image c’est
magique, ça boucle vraiment la boucle de manière hyper cohérente.
Parlons Zen : C’est un
exercice qui est je suppose nouveau pour tout le monde. Comment travaillez-vous
pour que ça colle ? De la même manière ?
Mathias : Ca ne se passe pas de manière
aussi cadrée que tu le dis, on s’adapte aux situations et ça marche surtout à
l’envie. Quand tu fais un arrangement, il n’y a pas d’habitude. Tu vois par
exemple on a travaillé avec un orchestre symphonique, un arrangeur, … En fait
les habitudes, on se les bouscule à chaque fois. Mais en même temps, on a quand même
effectivement un vécu commun artistique, humain et social qui fait qu’on a des
repères aussi et c’est cet équilibre-là qui est marrant en fait. Tout balayer
c’est facile. Je peux faire quelque chose qui n’a rien avoir avec ce que j’ai
fait avant ou alors carrément être dans l’automatique et les recettes par
rapport à ce que tu sais faire. Le plus
passionnant c’est d’être dans l’équilibre
entre les deux. Se surprendre, se réinventer et assumer son parcours depuis le
début. Et c’est valable pour le film, pour la setlist de festival, pour une
tournée acoustique, pour des remix.
UkuTsuna et Maxi Castor



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